PETIT GUIDE D'ÉVALUATION PARTICIPATIVE À L'INTENTION DES INITIATIVES DE DÉVELOPPEMENT DES COMMUNAUTÉS
Se familiariser avec l'approche
imprimante

B - S’initier à l’évaluation

Ce module examine l’idée de jugement que sous-tend l’évaluation et propose que le regard soit porté de l’intérieur. Il présente les différentes formes d’évaluation et introduit l’évaluation de processus, qui fait l’objet de ce Guide.

 

Haut de pageL’évaluation comme « jugement »

Évaluer, c’est porter un jugement sur une initiative, un projet, une démarche. Ce jugement doit découler d’une opération systématique partant d’un objet précis (ce qu’on veut évaluer) et de critères (les indices de succès) clairement définis et pour lesquels ont recueillera des informations de façon méthodique.

* Logique d'action : Ensemble des éléments (valeurs, principes, moyens) sur lesquels reposent nos actions.

Le terme « jugement » peut susciter des craintes chez les personnes engagées dans des démarches de développement des communautés. On pense qu’évaluer c’est se faire contrôler, se faire juger par des gens extérieurs au projet avec des critères extérieurs à la logique d’action* locale. Pourtant, on peut juger autrement lorsque l’objet et les critères qui servent à poser ce jugement sont définis localement, dans un objectif de soutien à l’action. Dans cette perspective, on peut imaginer pouvoir juger son propre projet à partir de ses propres critères, définis collectivement par les acteurs mêmes de la démarche.

* Dimensions : Éléments ou questions sur lesquels on veut faire porter l'évaluation.

* Données probantes : Ensemble des informations qui démontrent qu'une intervention ou une activité est efficace.

L’évaluation peut prendre de multiples formes et s’attarder à certaines dimensions* plutôt qu’à d’autres. Bien que l’objectif général soit toujours de vérifier si une démarche fonctionne et si elle donne des résultats intéressants, il n’en demeure pas moins que les attentes des uns et des autres varient sensiblement. Les communautés veulent souvent démontrer que leur projet fonctionne, pour être en mesure de recevoir de l’appui et du financement. Les intervenants locaux et régionaux quant à eux veulent montrer l’efficacité du développement des communautés pour recevoir de l’argent de leur ministère et les ministères veulent des données probantes* pour justifier leurs investissements dans ce type d’intervention.

On veut aussi savoir comment fonctionnent les projets, ce qui réussit et ce qui ne réussit, pas de façon à pouvoir améliorer les actions et obtenir de meilleurs résultats. Les intervenants veulent savoir comment mieux accompagner les actions communautaires locales et les gestionnaires gouvernementaux veulent comprendre comment fonctionnent les projets locaux pour les implanter ailleurs sur leur territoire. Les chercheurs universitaires, quant à eux, veulent développer les connaissances sur ce genre d’approche, que ce soit dans le but de soutenir les actions locales, de former des intervenants ou simplement de participer à l’enrichissement de ce champ de connaissance.

 

Haut de pageLes formes d’évaluation

L’évaluation peut être abordée de plusieurs façons. On distingue généralement l’évaluation d’implantation, qui analyse la manière dont l’intervention est mise en place, de l’évaluation d’impacts, qui en mesure les retombées à long terme (références à venir). On peut aussi ajouter les études préalables à la mise en place d’une initiative (portraits de situation, portraits de communauté) qui, bien qu’elles ne soient pas spécifiquement de l’évaluation, peuvent soutenir une évaluation, notamment en fournissant un portrait de départ à partir duquel on peut mesurer les avancées d’un projet.

L’évaluation d’implantation se préoccupe du projet lui-même, de comment on a procédé pour le mettre en place, de ce que l’on a atteint en comparaison de ce que l’on voulait réaliser au départ. Elle comprend une analyse des ressources investies et des personnes rejointes. Finalement, elle peut également inclure l’évaluation des retombées immédiates d’une initiative.

L’évaluation d’implantation proprement dite vise à répondre aux questions suivantes:

  • Avez-vous fait ce qui était prévu?
  • Si c’était à refaire, referiez-vous la même chose?

L’évaluation des effets porte plus spécifiquement sur:

  • Avez-vous atteint les objectifs fixés auprès de la clientèle rejointe?
  • Avez-vous observé des effets non prévus, bénéfiques ou nocifs, pour vos participants?

L'évaluation des impacts quant à elle se préoccupe des transformations plus profondes et à plus long terme qu’un projet ou une initiative provoque chez les participants, la population en général ou la communauté. Ce type d’évaluation demande un appareillage méthodologique assez complexe et est rarement réalisé par les communautés elles-mêmes. Selon nous, il ne devrait se faire qu’après qu’on ait évalué le comment-on-travaille-ensemble, qui est une condition de succès préalable à tout le reste.

L'évaluation de processus – qui fait l’objet du présent Guide – fait partie de l’évaluation d’implantation. Elle permet de cerner les forces et les faiblesses d’une démarche locale par rapport aux principes à la base de l’approche de développement des communautés. Il s’agit en fait de poser un jugement sur le « comment-on-travaille-ensemble », pour le réajuster au besoin afin d’améliorer les chances de succès du projet.

À RETENIR!

L’évaluation consiste à porter un jugement sur une initiative, un projet, une intervention, etc. Il faut définir les aspects de notre initiative que l’on veut évaluer (les objets d’évaluation) et préciser quels sont nos critères de succès. Il faut ensuite recueillir des données, de façon systématique, pour vérifier si nous avons fait ce que nous voulions faire.

Parmi les divers types d’évaluation, le présent Guide propose de mener une évaluation de processus, sous l’angle du « comment-on-travaille-ensemble ».
Ce que je pense du guide Je propose un outil Version PDF du guide