PETIT GUIDE D'ÉVALUATION PARTICIPATIVE À L'INTENTION DES INITIATIVES DE DÉVELOPPEMENT DES COMMUNAUTÉS
Comment faire ?
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2 - Constituer un comité d'évaluation

Ce module porte sur la constitution d'un comité d'évaluation et montre l'importance de bien sélectionner les personnes qui le composeront.

S'interroger sur la composition du comité d'évaluation est une étape cruciale puisqu'elle déterminera la suite du travail. Est-ce que le comité du projet veut mener lui-même cette démarche? Est-ce qu'il préfère former un comité d'évaluation spécifique qui en sera responsable? Est-ce que ce comité d'évaluation sera formé seulement de membres du comité du projet (ou du comité spécifique) ou intégrera-t-il des gens extérieurs au projet? Autant de questions auxquelles on devra répondre avant de se lancer proprement dit dans l'évaluation.

Qui va faire l'évaluation?

 

Haut de pageQui va évaluer?

Le comité de projet fait l'évaluation
Le comité de projet peut décider que tous ses membres participeront à l'évaluation. Le défi est alors de trouver une façon de faire qui permette de traiter des questions d'évaluation tout en poursuivant les travaux habituels d'une démarche. Par exemple, cela peut se réaliser en inscrivant une discussion sur les dimensions à évaluer comme point récurrent à l'ordre du jour des rencontres régulières d'un comité de projet.

Pour :

  • Permet que les discussions suscitées par l'évaluation soient immédiatement réutilisables par le groupe.
  • Favorise une plus grande compréhension du fonctionnement du comité par l'ensemble de ses membres.
  • Augmente la capacité d'action du comité à court et à moyen terme.

Contre :

  • Mobilise plusieurs personnes et diminue le temps disponible pour réaliser les activités.

On forme un comité d'évaluation distinct
Le comité de projet peut également décider de former un comité d'évaluation spécifique, regroupant quelques-uns de ses membres et, selon le cas, intégrant des personnes externes. Cette façon de faire est probablement la plus réaliste puisqu'elle ne mobilise que quelques membres du comité de projet.

Pour :

  • Favorise un approfondissement de la réflexion puisque l'on se consacre uniquement à l'évaluation.
  • Regroupe principalement des gens intéressés par l'évaluation.

Contre :

  • Peut faire en sorte que les échanges résultants de l'évaluation finissent par amener le comité d'évaluation à devenir le véritable moteur de l'action, à cause de sa meilleure compréhension des processus. Pour éviter cet écueil, il est utile que le comité de projet soit informé régulièrement de l'évaluation, notamment en inscrivant un point d'information sur l'évaluation à l'ordre du jour de ses réunions.

La composition du comité d'évaluation peut différer d'un milieu à l'autre, le critère important étant l'intérêt que les membres portent à l'évaluation. L'expérience démontre la nécessité que les membres d'un comité d'évaluation aient le goût de faire l'évaluation et qu'ils y portent un intérêt certain.

Quant aux compétences recherchées, il ne faut pas nécessairement solliciter des personnes ayant une formation et de l'expérience en évaluation. S'il est important qu'une ou deux personnes soient un peu mieux outillées en évaluation, il est utile et pertinent d'inclure des personnes ayant moins de compétences. Ces dernières doivent cependant être soutenues par le reste du comité. En effet, tout comme une initiative de développement des communautés vise l'augmentation du pouvoir d'agir des participants, une démarche d'évaluation doit permettre aux personnes impliquées d'améliorer leur capacité à travailler au projet et d'acquérir des connaissances en évaluation.

 

Haut de pageNommer un responsable

La création d'un comité suppose presque nécessairement la nomination d'un responsable du comité. Dans une auto-évaluation participative, le mandat de cette personne responsable consiste surtout à animer le comité d'évaluation. Elle doit donc être acceptée et reconnue comme compétente pour piloter l'évaluation et ce, aussi bien par le comité d'évaluation que par le comité du projet. De plus, il est quasi indispensable qu'elle soit aussi membre du comité de projet.

De plus, surtout si l'on choisit une évaluation continue ou les données seront recueillies sur une assez longue période, il est crucial que la personne responsable soit intéressée par l'évaluation et qu'elle ait le gout de réaliser ce type d'évaluation. Elle devra, en effet, maintenir l'intérêt du comité et assurer une certaine continuité dans la collecte des données.

Par ailleurs, tout en animant son comité d'évaluation, le responsable doit s'assurer:

Enfin, il faut être très attentif à ce que le responsable, à trop vouloir compenser la non-disponibilité des membres de son comité, en vienne à réaliser seul le travail. Le fait de tout faire soi-même est non seulement très exigeant pour le responsable, mais il compromet la dynamique du groupe et, en fin de compte, la capacité du comité à améliorer ses actions. En effet, cette façon de faire limite, pour les membres du comité, les occasions de réflexion et d'échanges propices à de nouveaux apprentissages.

 

Haut de pagePour une auto-évaluation « accompagnée »

Le principe d'une auto-évaluation participative implique, naturellement, que le comité responsable de l'évaluation soit autonome et réalise lui-même l'évaluation. Cependant, il faut être réaliste! Autant il peut être utile de se faire accompagner par un intervenant (organisateur communautaire ou agent de développement) tout au long d'une démarche communautaire, autant il peut être pertinent de recevoir du soutien lors d'un exercice d'évaluation; le même intervenant pouvant souvent assumer les deux rôles. Le mandat de cet intervenant, déjà familier avec le projet, consiste alors à accompagner le groupe dans sa démarche, notamment en amenant les participants à préciser ou à approfondir leur réflexion.

On peut aussi choisir d'intégrer une personne externe spécialisée en évaluation. Le présent Guide étant conçu pour outiller un comité à réaliser une auto-évaluation participative, nous pensons que ce n'est pas indispensable. Toutefois, l'intégration d'une personne experte en évaluation peut parfois être envisagée, par exemple lorsque l'initiative à évaluer est très complexe ou que les acteurs du comité responsable ne sont pas très disponibles pour le faire. Dans la perspective d'une auto-évaluation participative, le recours à une telle expertise doit néanmoins obéir à un impératif: celui que cette personne soit considérée comme une actrice qui contribue, au même titre que les autres, à la réalisation de cet exercice d'évaluation, en y apportant son expertise sur le « comment faire » et son regard extérieur. L'évaluateur n'est donc pas «l'expert »; il est un participant parmi d'autres, contribuant à la construction d'une compréhension partagée du projet. Et comme cette construction d'une vision collective fait parfois émerger des visions conflictuelles, ce participant externe peut aussi être appelé à jouer un rôle de médiation, de résolution de conflit.

 

À RETENIR!

Il faut porter une attention particulière à la composition du comité d'évaluation. Si, dans le cas d'une auto-évaluation, il peut être intéressant que ce soit le comité même du projet qui mène l'évaluation, il peut aussi être plus efficace de former un comité spécifiquement pour l'évaluation. Il est indispensable d'identifier un responsable de l'évaluation Cette personne doit avoir un intérêt marqué pour ce type d'évaluation, puisque son rôle est d'animer la démarche d'évaluation et de faire en sorte que l'on respecte ce qui a été décidé (le plan d'évaluation), et notamment que la collecte des données soit faite de façon systématique et rigoureuse.

 

icone VPESLe comité Val-Pin-en-santé se tricote une équipe d'évaluation

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