PETIT GUIDE D'ÉVALUATION PARTICIPATIVE À L'INTENTION DES INITIATIVES DE DÉVELOPPEMENT DES COMMUNAUTÉS
Comment faire ?
imprimante

1 - Décider de l'évaluation

Ce module pose les questions auxquelles on doit réfléchir avant meme de commencer une évaluation. Il suscite la réflexion sur les finalités de l'évaluation et sur les façons d'insérer l'évaluation dans le cycle de planification.

La diversité d'intéret des différents acteurs d'une démarche pose un sérieux défi pour l'évaluation: celui de concilier les attentes des uns et des autres. On comprend donc la nécessité de préciser « pourquoi » et « pour qui » on veut évaluer. Répondre à ces questions permettra, par la suite, d'identifier aussi bien l'objet d'évaluation (ce que l'on veut évaluer) que les critères qui serviront de points de repère (nos critères de succès). Il est aussi important de vérifier si les conditions gagnantes sont réunies pour que l'évaluation puisse se réaliser.

 

Haut de pagePourquoi et pour qui évaluer?

S'il s'agit d'une exigence externe à la démarche, par exemple celle d'un partenaire financier, il se peut que vous ayez à suivre une façon de faire définie à l'avance. Il est parfois possible de négocier le type d'évaluation ou d'intégrer les exigences externes à une façon de faire qui servirait mieux les intérets de la démarche.

La première question est de savoir pourquoi on veut faire une évaluation, c'est-à-dire à quelle fin on veut mener une évaluation. Est-ce pour rendre des comptes, par exemple, au conseil municipal? Pour améliorer l'action? Pour recentrer sa démarche? Pour répondre à une exigence d'un partenaire?

On peut aussi aborder la finalité de l'évaluation par la question « pour qui on veut évaluer? ». Il s'agit alors de déterminer à qui l'on veut que l'évaluation serve.

Dans la perspective présentée ici, la finalité de l'évaluation est de servir l'action et les acteurs locaux. L'auto-évaluation participative de processus vise à mieux comprendre la démarche de changement entrepris par un groupe, de manière à améliorer ses façons de travailler collectivement ainsi que les actions qui en découlent. À vous de voir si cette façon de faire convient à vos besoins.

 

Haut de pageSommes-nous prêts à faire une évaluation?

Les questions précédentes visaient à préciser la finalité de l'évaluation. Mais avant de plonger dans une évaluation, il faut d'abord s'assurer que toutes les conditions gagnantes d'une évaluation sont réunies. Une grille permet de cheminer dans ce questionnement, mais voici quelques commentaires concernant les questions qu'elles soulevent.

Les conditions gagnantes d'une évaluation

 

Haut de pageA-t-on le temps de participer à une évaluation?

Dans une évaluation continue et participative comme celle proposée dans ce Guide, il est évident que les responsables de l'évaluation, tout comme d'ailleurs les membres du comité responsable d'une démarche, devront consacrer un certain temps à l'évaluation. Même si le temps demandé à chacun peut être ajusté en fonction des besoins de l'évaluation et des disponibilités de chacun, il faut être conscient qu'une évaluation demande généralement de temps: du temps de travail individuel, des rencontres supplémentaires du comité, etc.

Qui va faire l'évaluation?

 

Haut de pageQuoi faire des résultats?

La deuxième condition gagnante concerne la capacité des personnes qui feront l'évaluation (les membres des comités de projet ou d'évaluation, le responsable de l'évaluation) à analyser leurs façons de faire. Bien que l'exercice d'évaluation doive se faire dans le respect de chacun et dans une optique d'amélioration des façons de faire, il peut arriver que l'évaluation participative touche des points sensibles. Il faut donc que les gens concernés soient prêts à discuter des éléments qui seront mis en évidence et soient prêts à explorer des pistes de solution. Cette nécessité que les acteurs locaux s'engagent à traduire les leçons de l'évaluation en actions constitue une condition gagnante importante. L'intention du type d'évaluation proposée dans ce Guide est d'arriver à mieux connaître une démarche et ses actions, de manière à pouvoir la bonifier, l'améliorer, y apporter des changements. Il est inutile d'évaluer si l'on n'est pas prêt à agir en fonction des résultats obtenus, meme s'ils ne vont pas dans le sens imaginé au départ.

 

Haut de pageAvons-nous les ressources nécessaires?

Faut-il répéter que l’évaluation demande beaucoup de temps? Mais il faut aussi d’autres ressources pour mener à bien un tel exercice, notamment des personnes qui prendront la responsabilité de diriger ou de contribuer à l’évaluation. Même s’il n’est pas nécessaire que ces personnes aient une expertise pointue en évaluation, il faut néanmoins qu’elles soient motivées et prêtes à apprendre. Par ailleurs, dans le contexte d’une très grande mobilité des ressources dans les organisations, il peut être important de s’assurer, autant que faire se peut, de l’engagement à long terme de ces personnes.

 

Haut de pageEst-ce nécessaire d'avoir une vision partagée?

Pour évaluer un projet, il s’avère essentiel que les responsables en aient une vision partagée. Avoir développé une vision consciente, nommée et partagée d’une démarche permet à l’évaluation de s’ancrer dans ce que les gens voulaient vraiment faire, dans leur intention première du projet (voir module 3). Malgré la pertinence de ce type de démarche, il faut bien le dire, ce n’est pas toujours facile à faire. En effet, bien qu’il soit pertinent de se doter d’une vision partagée dès le démarrage d’un projet, elle peut aussi bien se faire en cours de route, au moment où on se sent plus prêt à le faire. De plus, une vision partagée constitue un outil utile mais fragile; elle évolue, se modifie. Il faut en être conscient et mettre en place des moyens pour revoir la vision partagée à l’occasion. Dans certains contextes, notamment lorsqu’on est en présence de partenaires de cultures organisationnelles très différentes, il peut être difficile d’arriver à une véritable vision partagée d’une démarche. Peut-être faut-il alors procéder par étapes, en mettant en évidence ce qui rassemble les gens, et travailler graduellement à développer une vision de plus en plus partagée.

 

Haut de pageL'évaluation peut-elle se coller à notre projet?

Lorsqu’il s’agit d’une évaluation continue, comme le propose l’évaluation de processus, les opérations évaluatives se déroulent au fil de la démarche, en lien étroit avec elle, amis n'affecte généralement pas son cycle naturel. Toutefois, si la démarche arrive à un moment qui demande beaucoup de temps et d’attention de la part des membres d’un comité, il se peut a) que ce ne soit pas la bonne période pour débuter une évaluation, b) que l’on doive ralentir certaines opérations d’évaluation en cours (par exemple les activités de réflexion collectives autour des données) ou c) que l’on décide de diminuer l’intensité de la collecte (par exemple au lieu de procéder en groupe, on confie cette tâche à une personne pour un certain temps). Il faut donc être souple dans la façon de mener une évaluation continue.

 

À RETENIR!

Une évaluation doit toujours commencer par les questions suivantes:

  • « Pourquoi évaluer? »
  • « Pour qui évaluer? »

Il faut également se demander si les conditions gagnantes sont réunies pour mener à bien une évaluation. À cet effet, il peut être utile, pour parfaire la réflexion, de se poser les questions suivantes:

  • A-t-on le temps de participer a une évaluation?
  • Quoi faire des résultats?
  • Avons-nous les ressources nécessaires?
  • Est-ce nécessaire d'avoir une vision partagée?
  • L'évaluation peut-elle se coller à notre projet?

 

icone VPESLe comité Val-Pin-en-santé veut évaluer son projet

Ce que je pense du guide Je propose un outil Version PDF du guide